Avertir le modérateur

05/08/2011

H comme oh-hisse ?...

Une petite souris nous aurait découvert concentrés tous les deux ce soir, penchés sur notre Vagnon du permis bateau. L’heure est aux ultimes révisions avant l’examen de demain. Nous avons joué les questions-réponses avec application et ma fierté de matelot en a pris un coup lorsque je me suis aperçu qu’elle était bien meilleure que moi sur le chapitre des feux ! Normal elle a l’habitude de briller !!....

Cette idée nous avait pris un soir que nous délirions devant Thalassa et les errements d’un couple décidé à faire le tour du monde avec juste un permis et quelques économies en poche. Pas de tour du monde pour nous mais l’envie de partir sur un petit bateau vivre d’amour et d’eau salée quelques jours …


Trois semaines étaient passées. Ouf nous l’avions eu tous les deux ce permis. Nul doute que si l’un de nous avait échoué cela aurait compliqué la confrontation de nos égos sur ce petit Beneteau de 31 pieds, juste taillé pour un couple. La Trinité baigne sous un soleil de plomb et Eole a visiblement décide de prendre une journée de repos. Le cliquetis des drisses a cédé aux cris des enfants entassés dans des « «optimist » cherchant un hypothétique vent susceptible de les transformer en loups de mer frimeurs et roublards ! Tu n’as pas manqué de me faire remarquer que Jugo devrait lui aussi faire ses classes le jour où …


Inventaire bouclé sous le regard un peu inquiet du loueur qui nous prenait ouvertement pour des jeunes à la recherche d’un nid d’amour plutôt que d’un vrai voilier taillé pour la croisière… Route taillée avec application sur la table à cartes pour Houat… Brassières marines, lunettes de pilotes de Boeing, converses usées … Larguez les amarres moussaillon, Captain Princesse a pris la barre ! Et elle a fière allure : elle se tient droite, debout, chevauchant la barre, les yeux mi-clos, elle balaye l’horizon d’un regard façon Tabarly en mâchouillant un chewing-gum depuis déjà trop longtemps pour qu’il ait encore du gout … Je me demande en l’admirant si majestueuse si ma Kersauzon en jupon sera aussi calme lorsque le vent et la mer commenceront à nous jouer des tours !...


La démonstration ne tarde pas. Le petit moteur ronronne doucement et arrivés dans la baie nous décidons, enfin surtout moi …, qu’il est temps de hisser les voiles et de profiter du silence et de cette petite brise iodée. Génois en place, tours de winch, écoutes bordées. Captain à la grand voile, moi à la barre. Un peu de houle. Une vedette rapide nous croise sans un salut. Ingrats. Petite danse du bateau. Et ma Princesse qui se retrouve les fesses dans le cockpit après une glissade du meilleur effet !! Je suis explosé de rires au risque de me faire remettre en place vertement. Pas cool la Captain !


Depuis une heure, le bruit de l’eau sur l’étrave a adoucit nos caractères … Assis l’un contre l’autre, nous regardons le large d’un même regard, complice dans ce silence qui n’a pas besoin de mots pour nous réunir, comme si nous n’étions plus qu’un seul être sous la danse des mouettes et des goélands. Un de ces moments d‘éternité qui marque à jamais d’un sceau d’immortalité nos cœurs amoureux … Houat se dessine sur babord mais la faible brise nous laissera profiter de ce doux moment encore un peu …


Arriver à l’heure du déjeuner, on ne pouvait pas espérer mieux ! Après une épique opération pour faire tomber l’ancre à l’endroit choisi après une âpre discussion, une copieuse salade de légumes frais et de maïs, une bonne tranche de pain avec l’obligatoire pâté Hénaff, ton  camembert, les traditionnels Yop tétinés comme des bébés, sans oublier les fameux sablés de Retz indispensables à la croissance de ton Doune ! Nous sommes ancrés dans une petite anse calme et ensoleillée, à abri de la houle du large et sans un navire à l’horizon. Comme tu es drôle quand tu joues avec les goélands en leur lançant des morceaux de ce formage puant que tu adores ! Ils viennent pratiquement dans ta main les chercher, et ton immense sourire souligne avec malice ta fierté d’avoir su dompter ces poulets volants ! Tu ne te prends pas pour une dompteuse quand même ?!


Le mot de « sieste » a toujours eu entre nous une connotation plus que sensuelle … C’est le moment que je préfère pour nos galipettes et comme toi tu es toujours prête à tous les roudoudous … forcément les regards s’aiguisent. Il faut dire que tu ne fais rien pour éteindre le feu : tu as enfilé ce petit (très petit) maillot de bain qui te moule les fesses comme deux brioches appétissantes,  ton haut laisse généreusement deviner ces adorables seins, obsession de mes mains, ton corps musclé et déjà bronzé … Tu n’as pas besoin de minauder pour que mon caleçon bleu marine ne trahisse de façon très impudique mon envie de toi … Je ne me souviens plus du confort sans doute sommaire de ces bannettes rouges … Je ne me souviens que de nos cris, de tes hurlements devrais-je dire…. comme si l’air du large t’avait donné un appétit nouveau ! Mon Dieu que je t’aime …


Repus, plus amoureux encore, il nous faut prendre la route du retour. La Captain aux manettes dirige avec précision son bosco aux ordres. Les voiles claquent, le vent s’est enfin levé. Dans la cabine nous ne nous en étions même pas rendu compte… Le retour devra se faire au près, la brise a tourné, le clapot s’est nettement levé, je sens que nous allons être mouillés. D’autant que nous avons décidé d’un concours de vitesse entre nous : l’œil rivé sur le loch nous cherchons les six ou sept nœuds et l’un après l’autre jouons les tours-du-mondiste expert dans l’art du réglage des voiles et de la conduite du navire. Elle est géniale ma sirène, vous la verriez ! Elle s’est installée tout à l’avant du bateau, dans le guindon en inox, debout elle brave le vent et la mer les bras écartés, elle chante son plaisir, elle a l’air si heureuse qu’une brusque montée de tendresse inonde mes yeux … je dirai que ce sont des embruns …


Notre Beneteau taille la route avec vivacité. Il se joue des vagues et du vent et ses cabrioles nous stimulent. Quelques croiseurs coupent notre route sous tribord-amures et saluent cordialement ce petit couple de marins … Heureusement que le vent t’a obligé à te rhabiller, je n’aurais pas supporté que ces machos d’eau douce reluquent sur les formes sensuelles de ma sirène … Le maïs a un peu de mal à descendre de mon coté mais surtout je ne veux pas l’avouer, ma fierté de mec ! Les visées sur les balises et autres bouées, les annotations sur la carte occupent notre retour jusqu’u moment où ….


Même s’il n’est pas rares de les rencontrer dans nos régions, leur visite reste un événement : les dauphins surgissent devant l’étrave du bateau et t’arrache un cri de joie retentissant. Il faut dire que les quatre mammifères ont l’air joueur et avec leurs frimousses polissonnes ils appellent clairement au jeu. Mais qu’est ce qui t’a pris à ce moment là ? Ni une ni deux, en un éclair tu te retrouves en maillot sur le pont et à peine le temps d’un « j’y vais » hystérique tu te jettes à l’eau !!! Panique générale à bord !! Désemparé, incrédule, j’essaye de calmer mon angoisse de savoir comment je vais te récupérer. On dit que les dauphins protègent les hommes mais ceux là ne le savent peut être pas !! Je ne peux même pas me retourner pour te regarder jouer avec tes nouveaux amis tant je cherche surtout à affaler au plus vite tous les voiles pour arrêter ce galot dans les vagues et te récupérer ! Je jure comme un polonais, cours comme un possédé, mélange toutes les écoutes, peste contre ce foutu winch qui bloque, tape du pied dans la barre qui ne veux pas m’aider, enroule le génois un peu n’importe comment, lâche la drisse de grand voile qui tombe dans un bruit épouvantable sur le pont, ajoutant encore à la confusion du bord… C’est la panique.  Et ce foutu moteur qui refuse de démarrer ! Mais comment fais-tu d’habitude ?... demi-tour vite ….


Je te retrouve de longues minutes plus tard. Tu brasses avec souplesse et ce regard triomphant me paralyse. Les dauphins font la ronde autour de toi, te frôlant avec une infinie délicatesse, poussant de ces petits gloussements amicaux, tu essayes de les toucher, ils virevoltent et font semblant de ne pas le sentir, le plus grand fait même le grand saut par-dessus toi et tu l’encourages par un hourra de plaisir, ils ont visiblement trouvé une copine ….

J’ai éteint le moteur pour ne pas maculer le silence de cette apparition. De peur de briser ton rêve éveillé je n’ose pas plonger et te rejoindre. Je ne sais plus si j’ai pleuré de te voir si incroyablement heureuse ou simplement si j’ai senti au travers de ces jeux improbable toute l’étendue de ma passion pour cette sirène ….


Arrivés au port, nous ne racontons pas cette histoire. Personne ne nous croirait et d’ailleurs qu’importe. Elle s’ajoutera à nos expériences de couple, celles qui bâtissent notre vie à deux et scellent chaque jour davantage notre complicité et notre amour …

Par contre j’ai bien peur que tous les delphinarium de la planète ne nous paraissent maintenant ridicules !


Vérification faite, tes pieds ne sont pas palmés et ton parfum charnel et si sensuel n’a pas été altéré par une odeur marine trop accentuée !!!


Comment ne pas t’aimer ma Princesse

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu