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05/08/2011

K comme ... Barbecue ?...

Quelle fumée ! Les habitants qui avaient l’intention de boycotter le diner des voisins vont en prendre plein les narines ! Il y a déjà foule sur la petite terrasse en bois de notre appartement du bord de mer, déjà tous les collègues de ma Princesse ont fait le déplacement, nos nouveaux amis aussi et tous ceux de l’immeuble qui ont découvert dans ce petit couple improbable une mine d’amour et de tendresse sont venus chercher une sérénité contagieuse. Il y a bien longtemps déjà que leurs préjugés ont laissé place à une sorte d’admiration et de certitude que l’Amour peut tout permettre, et la façon dont nous avons ébranlé leurs certitudes convenues a colorié leurs propres relations amoureuses. Ca sent bon le bonheur dans cet immeuble …


Mon petit Ange est à la tâche : drapée dans le tablier spécial barbecue que je lui ai offert, les longues pinces métalliques à la main, une casquette Tribord posée comme une racaille sur les cheveux ébouriffés (on lui mettrait une bassine sur la tète que ça lui irait quand même !), elle trône fière devant les merguez et autres morceaux de viande fumants. Ses yeux clignotent pour lutter contre la fumée lui donnant un regard de vipère. Elle a sorti le petit short acheté lors de notre dernière visite à Milan et ses belles jambes musclées et bronzées attirent l’attention des éphèbes bronzés couleur surf ! Il faudra que je les surveille ceux-là ! Elle appelle en criant les assiettes vides pour y déposer le diner et me fait penser à ces bateleurs du marché du dimanche matin à Bordeaux. Même enfumée et parfumée au cochon grillé elle est canon ma Princesse …


Oh tout n’a pas été si simple que la bonne humeur et la décontraction  actuelle le laisserait supposer ! Notre petit couple a pour le moins étonné à son arrivée. Pensez-donc ! il ne répondait pas vraiment aux stéréotypes d’une société bien-pensante et il a fallu que la vie (ou notre Etoile) se charge d’une petite aventure …. pour que maintenant et de façon sans doute définitive nous tissions une toile de vie avec tous ces jeunes et moins jeunes d’une richesse et d’une sérénité qui ne serait pas sans rappeler les meilleures heures post-soixantuitardes !

Tout a commencé un lundi …


Ces terres du sud sentent bon le soleil le pastis la pizza et le rugby ! et pour satisfaire à une réputation nationale les collègues de ma petite sportive organisait tous les lundis un match entre les anciens et les petits nouveaux, stagiaires et autres intérimaires. Bien entendu ma Princesse avait été recrutée sans doute plus pour son charme que pour son physique très loin des stéréotypes du molosse bourru ! La dernière soirée apéritive m’avait vu également promu au poste d’arbitre. Les joueurs avaient très certainement préféré me mettre à l’écart des charges violentes de peur de me blesser ou de m’offusquer, ne me connaissant pas suffisamment. Et à chaque fois je goutais mon plaisir à suivre le popotin de ma petite Princesse engoncé dans son jogging et déguisée à coups de boue locale en éclaireur du 3eme RIMA en action !


Cet après-midi, il faisait déjà chaud, chaud comme seul le sud sait le faire : sec et oppressant. Devant une foule de spectateurs ravis de trouver là une occupation, d’autant qu’ils n’avaient dans cette partie que les commentaires à faire, nous avions revêtu les maillots aux couleurs de la grande surface voisine et dans une bonne humeur exubérante et puérile commencé une vraie partie aux enjeux au moins mondiaux ! Ma star illuminait de son sourire (prudent à cause des placages brutaux) le terrain de sable aux poteaux faits de sacs en toile empilés. Elle est toujours la plus belle ma Princesse !


Grandes envolées de terrain, coups de pieds de pénalité, placages et passages en force, même deux essais marqués dans un brouhaha de hurlements dans lequel l’arbitre s’égosillait sur son sifflet sans résultat. Qu’importe, seul le plaisir du jeu comptait. Et celui du combat aussi : certaines manœuvres n’étaient que prétexte à des culbutes dans le sable, à des jeux de mains comme le font tous les males en rut, à des bagarres de garçons (et de fille …), et à des empoignades fraternelles aussi proches du câlin que la gifle de la caresse ! L’équipe des stagiaires avait recruté un jeune prodige slovaque du nom de Iovan dont la vitesse de déplacement laissait rêveur même les plus expérimentés. Il était doué d’une bonne humeur constante et avait un accent absolument irrésistible, il était devenu très rapidement la coqueluche de la plage et des collègues de ma rugby-woman. Sa musculature et surtout ces fameuses plaquettes faisaient frémir tout le public féminin et à chaque fois je me voyais reproché en rentrant à l’appartement mes quelques soupçons de rondeurs sur les hanches …


Le choc n’avait pas été brutal pourtant. Un geste parmi d’autres. Le jeu ne s’était même pas arrêté. Mais Iovan était resté à terre. Personne ne l’avait remarqué ou on l’avait pris pour un moment de pause … Mais déjà deux minutes … Pas de geste … La seule joueuse féminine le remarque et s’approche. Plus  près. Il ne bouge plus, les yeux sont fermés, il ne répond pas. Appel général, tout le monde se précipite. Ma Princesse dont le portable vit comme un autre bras pour elle a déjà appelé le SAMU. Sirène, éclairs bleus, médecins. On nous écarte de la scène, je peine à rassurer mon petit ange. Gestes précis, paroles épurées, technicité, civière. Il a repris connaissance et on le devine à peine confier à un urgentiste un court secret. L’enthousiasme s’est brutalement éteint. Chacun reprend dans un silence douloureux son paquetage et rejoint sa voiture  pour suivre le convoi vers l’hôpital le plus proche.


Le médecin réanimateur n’est guère engageant. Les examens devront fixer l’étendue des dégâts occasionnés par le malaise. Tous les ex-joueurs présents sont transis de surprise, pétrifiés par la soudaineté et l’improbabilité de l’attaque. Ma petite Princesse est anéantie, elle qui a les larmes faciles n’a même plus la force de vider ses glandes lacrymales sur mon épaule. Elle a un petit hoquet de peine et au travers de mes bras qui la serrent contre moi dans un cocon de tendresse et de réconfort je sens son désarroi… La maladie et la souffrance devraient être épargnées à des êtres si purs et si proches d’un angélisme candide… Je veille sur toi, n’aies pas peur …

Pour le moment seul l’infirmière et le médecin urgentiste connaissent le secret de Iovan …


Demain sera une autre journée …

 

A suivre ...

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