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05/08/2011

M comme ... Mots du coeur

Je suis arrivé à Saint-Jean-de-Luz, parti sous une forte chaleur bordelaise et arrivé sous un ciel gris. Ma petite voiture donne toujours du sien pour mes pérégrinations. Echange de sms avec ma Princesse, « juste pas d’avenir… ». Incrédule. Senti une lueur. Folle. Elle emporte tout…


La pizzéria est sur le port. Je suis en avance pour une fois (mes retards doivent être dans la liste de mes défauts …). Fébrile, excité, conscient de l’enjeu énorme, celui d’une vie à deux.
Elle arrive de son pas décidé, arborant un chemisier à carreaux colorés et moulée dans un jeans foncé, elle est toujours aussi belle. Je me sens fondre. Elle a les cheveux en bataille et il ne faudrait que Souchon pour que je ne puisse résister au plaisir de lui empoigner les cheveux.
J’ai peur…


Traditionnelle pizzas quatre fromages et campagnarde. Les civilités d’usage, travail, famille, histoires. Elle en a toujours à raconter, il faut dire qu’avec son coté Martine et son talent de reporter elle brille d’humour et d’aventures. Un régal. Je la mange des yeux tant elle est pétillante et délicieusement irrésistible. La tension diminue et nous retrouvons imperceptiblement notre complicité, dans nos rires, nos hébétements et nos grimaces ! Je me demande si elle voit à quel point je l’aime…


Je ne saurais dire si nous avions tous les deux pris le parti de ne pas parler de nos lendemains autour des assiettes. Café. Non pas de dessert. Je la laisse régler l’addition. Nous sortons sur le port, la lumière s’est tamisée, la nuit est douce, nous faisons quelques pas…

De toutes mes forces je résiste à cette lancinante volonté de lui prendre la main, de la serrer contre moi, de la caresser de mots doux…
 

« J’ai peur de l’avenir » lance-t’elle
« Nous avons construit un passé ensemble et quel passé ! Tu as vu tout le chemin parcouru ? ». Toux les deux nous voyons encore le parking du Carrefour, nos balades, nos souffrances aussi, et notre bout de vie commune.
« Nous avons vécu un présent assez génial non ? je sais que tu as été heureuse »
« Oui je l’ai été vraiment »
« De quoi as-tu peur alors ? de reproduire le bonheur que nous avons connu ? » 
« Non ce n’est pas ça, je regrette notre intimité et la paix que nous connaissions alors ; Mais j’ai peur des lendemains, des autres, de la distance…
 »
« Nous avons vécu le plus dur tu ne crois pas ? Les gens qui nous aiment et que nous aimons savent déjà combien nous sommes bien ensemble. Il nous reste juste nos familles à convaincre. Et je pense qu’il est temps que nous prouvions qu’en amour tout est possible. De mon côté ma famille et mes enfants sont prêts, inquiets de voir l’état dans lequel je suis sans toi. Et toi ? »
« Je ne sais pas…. »
« Et si nous essayions ensemble ? Réfléchissons au meilleur moyen de démontrer combien notre union est forte et pérenne »


Nous marchons sur le quai, sans nous toucher mais d’un même pas. Nos têtes sont basses comme perdues dans nos pensées.

« Je sais que parfois tu penses encore à nous, que tu revis certains souvenirs, qu’au fond de toi tu ressens encore quelque chose. Comme moi. Sauf que moi je t’ai noyé de messages pour te le dire ! »
« Noyé oui c’est le mot !! tu as été lourd parfois tu sais ? ». Penaud le gars !
« Tu lisais mes récits sur le blog ? »
« Oui… mais je ne voulais pas te le dire... Parfois j’avais envie de vivre ça »
J’ai senti son cœur battre dans le mien…


Je ne sais plus comment je le lui avais dit à la Trinité …
« j’ai très envie de te prendre dans mes bras mais je ne sais pas comment te le dire… »
Elle s’arrête, se tourne vers moi, marque un temps d’arrêt infini, écarte les bras comme pour m’accueillir… Je la presse de toutes mes forces contre moi, ma respiration bloquée dans un immense soulagement, je la sens tout contre moi, si douce, si fragile, si délicate. J’ai envie de la protéger de la chérir de l’aimer… Nous restons ainsi plusieurs minutes, même le vent a cessé de faire claquer les drisses contre les mats…


« Et comment on va faire pour la suite Doune ? »
J’ai les yeux embués de cette déclaration. Ma décision est prise, je veux vivre pour cette femme, je veux lui donner ma vie, toute ma vie, je veux l’aimer comme personne n’a jamais aimé, au-delà de toute retenue au-delà de toute raison au-delà de tous les préjugés et des difficultés et je sais très clairement au fond de moi qu’elle me donnera son cœur…
 

« Je ne veux pas te brusquer ce soir. Si tu veux on s’offre tout ce weekend ensemble. On se retrouve à Bordeaux dès vendredi soir et tu me donnes deux jours pleins pour te faire rêver à nouveau à des lendemains victorieux contre le temps. On prendra le temps de parler, d’imaginer, de rire et de danser de sortir et de s’aimer. On prendra juste le temps de ne plus en avoir l’un sans l’autre. Tu verras que notre vie peut être belle à nouveau »
« Ensuite nous chercherons le meilleur moyen de construire notre couple et notre vie commune. Soit en habitant ensemble, soit en prenant deux home-sweet-home, soit en se ménageant des espaces de libertés par des kilomètres, soit en concentrant nos plaisirs sur les weekends que nous inventerons imprévus et fous… Rien ne doit nous arrêter. D’autant qu’après l’été tu changes encore d’affectation ma brillante étudiante chérie ! …Nous avons tant de choses à organiser ensemble ! »


L’essentiel n’est pas dans le matériel il est dans le cœur. Un lien ineffaçable nous unit depuis plus de vingt-sept mois, celui qui a bravé situations impossibles, coups de colères, incompréhensions, mais aussi celui qui a gagné une complicité que certains couples n’obtiendront jamais, une fusion de nos âmes et de nos cœurs dans une recherche d’une vraie sérénité, une incroyable appétence de vie et de plaisir et une envie de découvrir le monde au travers de nos yeux amoureux. Elle sait combien je l’aime et je sais combien elle m’aime, même si elle ne me le dis pas…


« J’aimerais que l’on organise une fête géante avec tous tes amis de Vannes, de Nantes, de Bordeaux, d’Hendaye, Choupe, Saffae et les autres, mes quelques amis aussi, pour que tous voient que nous sommes ensemble et que nous sommes heureux. Tu es d’accord ? Un sorte de fiancailles officieuses quoi ! »
Elle approche sa tête de mon épaule avec douceur, pose sa joue, me regarde dans une mimique attendrissante. Je lui enveloppe le visage de mes mains et porte ses lèvres contre les miennes, délicatement, tendrement, amoureusement…
Nous avions oublié que nous nous aimions ! Il ne faudra jamais plus que cela arrive de nouveau, jamais, plus jamais.
 

Je regarde le ciel encore clair et les étoiles qui brillent au-dessus de nous. Il y a surement la nôtre, je pense à celui à qui j’ai confié mon destin, tout là haut …



… Elle m’a confié les clés de son appartement de Bordeaux pour m’éviter l’hôtel d’ici à vendredi. J’ai décoré de bouquets de fleurs tout son intérieur, collé des photos de nous sur les murs et caché des tonnes de Post-it dans tous les endroits possibles, de sa boite à culottes à sa tasse à café, de ses placards à ses casseroles avec des petits mots improbables… J’ai briefé les petits amis pour qu’ils soient câlins et tendres… Un humidificateur répand dans son brouillard un léger parfum de vanille… J’ai déposé ici et là quelques petits cadeaux souvent drôles parfois surprenants mais toujours affectueux… Je devine ses rires et ses sourires… J’ai réservé deux places au café-théâtre, je veux l’entendre rire à nouveau.
Et puis j’ai arrangé le lit, celui où de nouveau nous dormirons l’un dans l’autre, où nous réveillerons dans les yeux l’un de l’autre et dans lequel … Chutt !


Ma Princesse, tu sais tout ce que je n’ai pas écrit...

Je veux croire ce que tu ne dis pas…


Soyons heureux ensemble … encore …encore ... toujours ...

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