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05/08/2011

S comme ... Paris ?

Le réveil a sonné très tot ce matin, je dois prendre le train de Paris. Notre cocon est loin de tout ici et cela oblige à quelques sacrifices de réveil ! Délicatement j’essaye de m’extirper du lit, mais telle une mante comme si tu avais senti l’heure arriver tu m’as emmêlé dans tes bras chauds. Cabrioles, membre par membre, je glisse hors du lit. Tu finis par grogner un « Doune ? » attendrissant et te replonger dans tes rèves de jeune fille … J’aime ces moments où tu livres ta fraicheur et ton innocence en toute inconscience, par cette moue délicate et cet abandon … Que tu es belle ma Princesse …


Il faudra une bonne quantité d’eau chaude pour me sortir de ma létargie ! Le rasoir a encore zippé et une petite goutte de sang perle sur mon menton, un look de killer ce matin ! Avec conviction tu as préparé la tenue de ton héros hier soir : ce doit être compliqué pour toi qui veut que je sois le plus élégant possible mais sans que les autres femmes de l’assistance ne puissent même imaginer un sourire de moi ! Jalouse ?

Quelle belle marque d’amour ! Ordinairement le matin tu prends plaisir à me coiffer et tel un petit garçon qui part à l’école, assis sur la cuvette des toilettes, je soumets ma tignasse à tes mains amoureuses et à ton sens du « out of bed » du meilleur effet ! Mais pas ce matin …


Le petit déjeuner est déjà sur la table, comme tous les soirs je l’ai préparé avant de la rejoindre sous la couette. Le cérémonial de nos matins est digne d’un grand hotel : café, jus de fruits, toasts à l’anglaise, confiture et miel, l’obligatoire boite de St Hubert, le tout déposé avec élégance sur des serviettes délicatement pliées … Le dimanche une rose barre son assiette comme pour lui rappeler que ce jour de repos sera celui de notre intimité et de notre journée rien qu’à nous … Vite, je vais finir par être en retard ! Ah j’allais oublier les petits mots : un post-il collé sur le miroir de la salle de bains « Bonjour ma chérie ! », un autre sur son assiette « Mange bien, je te surveille ! », un autre sur la porte d’entrée « je ne suis jamais loin dans de toi » et un gros « je t’aime » éclaireront son réveil. Toute la journée encore je rèverai d’elle …


Une journée de travail comme les autres, les clients restent des clients, parfois pénibles, souvent exigeants,  de temps en temps cordiaux et souvent sypathiques … Rythmée par une bonne centaine de sms avec ma correspondante, les heures défilent lentement … Retour prévu à 18heures. Mais en début d’AM, une douleur violente me broie le ventre, comme si tout d’un coup mon estomac ou mes intestins avaient décidé d’organiser un feu de camp au mépris du propriétaire ! Crampes, nausées, violents maux de tête …. Je connais ces signes … Elle me manque. Je l’appelle, elle est en réunion, je laisse un message, je m’allonge ….


L’heure de mon train approche, je commence à expliquer à mes clients que tout a une fin et que ma vie personnelle me réclame ! Ma force de conviction doit être suffisante puisqu’ils me libèrent enfin, le bon de recette est signé, la facture à la signature, le règlement sera rapide, nous partirons claquer cet argent sur les pistes avec ma Princesse … Appel : elle prend des nouvelles, me raconte sa journée, mais sa voix est étrange, comme si elle s’empêchait d’éclater de rire… Elle est trop géniale cette nana : elle est dans le train ! elle arrive sur Paris !


Sentant mon « mal de toi », elle a pris son après-midi, sauté dans le train et la voilà qui arrive ! J’ai envie de hurler, mes yeux mouillés trahissent mon violent bonheur, mon sourire éclaire tout le métro et mes voisins dans un mimique complices me renvoient l’image de cet océan de sentiments qui prend possession de moi ….


Quai numéro 2, train 8521 en provenance …. Je suis tout tremblant, presque intimidé, j’ai déjà relu vingt fois la composition des trains pour me trouver devant sa voiture … Crissements de freins … Mes yeux affolés courent de portes en portes à la recherche de ma petite chérie … Toutes ces silhouettes embouteillent ma vue, poussez-vous ! Mais où est-elle ? Je ne la vois pas … A droite, à gauche, comme hystérique je dévisage tous ces visages inconnus … et le temps s’arrête : elle est là, droite devant l’autre voiture, elle me regarde un petit sourire charmeur dessiné sur ses lèvres, les yeux plantés sur moi … Une bulle de silence tombe sur moi. Mon horizon se ferme. Tout devient irréel pendant quelques longues longues secondes …. Elle entrouvre la bouche comme pour m’appeler … Je laisse tomber mon cartable, mon journal, ma bouteille d’eau, je me mets à courir comme un fou, écartant ces badeaux qui me bloquent, criant des pardon pardon, les yeux vissés dans les siens comme pour ne pas la perdre, elle fonce vers moi, le contrôleur nous a aperçu et sourit déjà de nos retrouvailles … Elle me saute dans les bras, je la dévore de baisers, je la mords de plaisir, je la viole de passion, je la déchire de tendresse, je l’étouffe de mes bras, nous ne pouvons pas parler ni l’un ni l’autre, nos deux corps reconstruisent cet être d’amour total par une mystérieuse alchimie … L’extase d’aimer et d’être aimer … Un moment de paradis …


Tous les grands monuments respireront le parfum de ces deux fous ! Sa crise de rire dans les grands magasins du bd Hausmann quand son grand benet de Doune a coincé sa manche dans l’escalier mécanique à contre-sens et a du courir dans les marches descendantes pour monter te rejoindre sous les ola et les rires de tous ces parisiens avides de se moquer d’un provincial ! Ton délire à l’Hyppo le soir lorsque tu as décidé de faire une démonstration de service au maitre d’hotel hilare en échange d’une assiette de chips gratuite ! Tu as pleuré dans le métro lorsque j’ai essayé de chanter quelques « chefs d’œuvre bretons » en compagnie de ce jeune affublé d’une guitare hors d’âge et sapé comme un tibétain Emmaüs !  J’ai cru mourir en te voyant discute avec cette vietnamienne dans ce bouiboui de maroquinerie avec un accent si parfait gesticulant et proférant avec autant d’exubérance que ces mangeurs de riz ! Et ne parlons pas de cette hystérique soirée dans un café-théatre où nous nous sommes retrouvés tous les deux sur la scène à jouer des animaux pré-historiques dressés par un espèce de manga irrespectueux ….


Paris sera toujours Paris, mais maintenant, la capitale aura les accents de nos souvenirs, de cette incroyable soif d’être ensemble ….

Si nous devions un jour sacraliser …. j’aimerais que ce soit à Paris …. Ma Princesse …

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