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05/08/2011

V comme ... Retrouvailles ?

J’ai encore rêvé d’elle
C'est bête, elle n'a rien fait pour ça
Elle n'est pas vraiment belle
C'est mieux, elle est faite pour moi
Toute en douceur
Juste pour mon cœur ....

 

Dans les années soixante-dix, le groupe « Il était une fois » a pilonné toutes nos soirées d’ado de cette chanson, j’en ai encore quelques souvenirs pubères…
Pourquoi y repense-je ? Sans doute parce qu’en courant ce soir dans la douce chaleur des sous-bois j’ai rêvé de ce moment d’une vie … de ce moment où la vie nous arrache au néant …



Sonnette. C’est Elle, je le sais. Depuis ce matin je sens que tous les muscles de mon ventre sont contractés, comme s’ils se préparaient. Je « sens » qu’il va se passer quelque chose comme on ressentirait que l’on va se sentir mal, que le temps va changer ou que la vie ne va pas pouvoir s’affranchir d’un saut dans l’inconnu … Re-sonnette. Je descends. C’est Elle…


Elle est droite dans l’embrasure de la porte. Pas de sourire. Les lèvres serrées. La coiffure défaite par le casque de moto qu’elle tient à la main. Les lunettes noires cachent ses yeux. Elle me regarde. Je lui souris timidement. « Entre ! ». Je m’efface pour la laisser passer. Elle sent bon le vent et le parfum. Elle a mis ce jean que j’adore, celui dans lequel un jour d’il y a deux ans au moins j’ai découvert son petit popotin et je me suis dit, gêné par ma propre réflexion,  qu’elle était bien foutue. Sa poitrine éclaire son chemisier à carreaux bleus et blancs que nous avions choisi ensemble, ses manques courtes laissent admirer le bronzage de ses bras musclés, le pan de de devant relevé par inadvertance dévoile un petit morceau de son ventre plat que l’on devine délicieusement caramélisé par le soleil… Elle est ravissante. Je me demande si le Diable a sorti ses habits de charme pour mieux tuer …


« tu veux boire quelque chose ? » « juste un verre d’eau si tu as ». Je file à la cuisine, j’ai besoin de me reprendre, j’ai envie de lui sauter dessus, de la noyer de baisers, de la caresser, de pétrir ses petits seins, de mordre dans ses fesses, de lui embrasser le ventre, de lui arracher les cheveux, de lui aspirer les lèvres, de la fesser, de lui crier que je … Calme toi Doune !


Elle est assise sur la terrasse, la cigarette est allumée, son téléphone posé sur la table est éteint, elle regarde fixement la pelouse qui a bien poussé avec ce dernier soleil…


« Tu vas bien ? », je me lance dans la conversation….
« Oui, je voulais que l’on parle », ça y est nous y sommes. Mon ventre est toujours aussi douloureux et j’essaye de ne pas montrer que je transpire. Je cache mes mains sous la table et tente vainement sans doute de prendre un air détaché.
« Tu sais que j’ai rencontré quelqu’un là-bas, je te l’ai dit », Pan ! le coup est parti et on peut dire qu’elle a bien visé ! J’ai mal. Je me décompose. J’ai envie de vomir ….


« Tu sais aussi que depuis un mois j’ai commencé une autre vie là-bas, avec un nouveau boulot qui me prend tout mon temps. Le soir je suis complètement crevée. » Je ne sais pas si j’entends encore ce qu’elle me dit, je ne suis plus sur terre. Elle poursuit la description de son travail, je n’écoute plus vraiment, j’ai déjà imaginé la fin, ma douleur, ma détresse, la fin de mon existence… 


Repassent devant mes yeux ans dans une boucle effrénée tous les bons moments que nous avons partagé dans cette maison : tous les petits mots collés sur des Post-it cachés dans tous les recoins de la maison et que l’on découvrait avec des sourires tendres et complices, les soirées pizzas les fesses collées devant Plus Belle La Vie ou devant des reportages sur la vie des gendarmes (ta vocation …) ou des médecins (la mienne), les petits câlins coquins  improvisés dans les canapés rouges (miam…), ta façon de te lover dans mes bras en faisant semblant de regarder M6, les petites salades avalées goulument et sans grande classe sur la table du salon, les retours de plage les yeux encore pleins de tes succès avec la voile de Kite… 


Un silence. Ma Princesse se tait. Elle prend une gorgée dans son verre mais sa main tremble un peu. Elle tourne ses pieds sur eux-mêmes, cherche une position plus confortable, inspire comme pour sortir d’une apnée… Elle est mal aussi. Je lui propose bêtement un jus de fruits qu’elle éconduira d’un revers de mots polis. Le temps pèse lourd. Le vent agite les branches des sapins et seul ce bruit meuble notre distance … Je n’en peux plus…


« Que voulais-tu me dire alors ? » ? Je sens que je viens de me guillotiner le moral en essayant ainsi d’abréger mes souffrances …
« Nous avons une relation compliquée à cause de notre différence d’âge. Ca n’a pas toujours été facile entre nous ni avec les autres. Le regard des amis et des parents a été difficile à endosser. J’ai vécu d’autres choses depuis que nous nous sommes quittés … »... Je sens que la fin est proche et je me demande quand je vais m’évanouir ….


« Mais avec mon nouveau copain, je n’y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi mais … », elle prend cette petite voix qu’elle avait le jour où elle est venue me trouver dans mon bureau pour m‘avouer un « je crois que je suis amoureuse de vous »…


« Mais avec mon nouveau copain, je n’y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi mais … 
« je pense à toi quand je suis avec lui... Je crois que … (le temps s’arrête…)… je crois que tu me manques Doune ! »  … Je pleure, c’est con mais je pleure …


Toute cette énergie amassée depuis tout ce temps, toutes ces tensions, toutes ces forces qui m’ont broyé qui s’évanouissent d’un coup ! Je vais peut-être quand même m’évanouir finalement !... Elle me regarde de ses yeux clairs avec une tendresse confondante. Je baisse les yeux de peur de ne pas savoir la regarder… Insensiblement je glisse ma main sur la table, doucement, nos doigts se regardent, se frôlent, se touchent, se caressent, se crochent, s’étreignent… Moment d’éternité… Je saute de ma chaise qui tombe bruyamment, me précipite sur elle, la renverse à même le sol en pierres, la colle contre moi et dans un brusque élan de lenteur et d’une tendresse infinie pose mes lèvres sur sa bouche. Elle a fermé les yeux, elle a tout abandonné, elle vibre d’un calme de joie, nous respirons le même air, nous vivons le même moment… Le petit rossignol vient chanter sur le coin du parasol, le soleil se fait câlin, la brise n’apporte plus que des effluves parfumées, nous sommes allongés par terre, l’un sur l’autre, dans une position grotesque mais tellement heureux …. Mon Dieu mais que la vie est belle !!!!


Je l’emporte dans mes bras, sans un mot. Comme si nous en avions un besoin vital pour renaitre tous les deux. Je la dépose sur les draps encore défaits d’un lit de célibataire. Nous ne fermons même pas les volets. Son corps nu sent bon les souvenirs de nos élans érotiques, sa peau éclaire mes mains dans des caresses où toute la douceur du monde se mêle à une tendresse céleste. Nous restons corps à corps, immobiles, de longues minutes, agrippés l’un à l’autre, comme si nos énergies se confondaient en un seul être. Pas de jeux pas de mots pas de mouvements. Un irrépressible besoin de se fondre l’un en l’autre… Lentement je la pénètre, elle crie comme un bébé qui arrive à la vie, elle plante ses ongles dans mon dos, nous dansons le même plaisir dans un rythme lent et profond, profitant de chaque souffle de plaisir, avant de nous libérer enfin dans un même râle de jouissance… Nous n’avons pas ouverts les yeux… mais une trace humide barre nos joues …


Elle s’est endormie dans mes bras. Son ventre se gonfle au rythme de son bonheur nouveau, elle vit enfin la paix qu’elle avait perdu et qu’elle n’a pas retrouvé ailleurs. Je sens ses seins contre mon torse aux muscles invisibles… Simplement heureux. Je vis de sa présence après tant de cauchemars et de souffrances. Comme deux jumeaux qui auraient réussi à se fondre l’un dans l’autre, comme deux mains qui auraient rejoint le même corps, comme deux amis qui auraient fait la même bêtise, nous sommes ensemble. 


Nos horizons se sont emmêlés pour un avenir tout à construire et sans doute cela ne sera-t’il pas facile, nous le savons tous les deux. Mais tous les deux nous sommes certains cet après-midi, allongés pantelants sur le lit en état de guerre, que nous sommes faits pour être ensemble… toujours…


« Princesse je suis là maintenant … » 

« Je le sais… pour toujours… »


 

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